Présentation

Marie La Rouille

« Contre la rouille, il n’y a rien à faire », chantait Maxime Le Forestier…

C’est avec plaisir que j’ai adopté ce nom de «Marie la Rouille», qui m’a été attribué par mon amie Sandrine. Je porte cette rouille jusque dans mes cheveux, tant je l’aime et l’honore.

Pendant longtemps je n’ai peint que pour le plaisir de m’évader d’un quotidien où je manquais trop souvent de rêve et de fantaisie. Je voyageais dans les livres et les musées et copiais, sans prétention, les grands Maîtres de la peinture. De vrais moments de détente, une  «super récré» comme j’aime à le dire. C’était mon jardin secret … l’idée d’exposer un jour quoi que ce soit ne m’était seulement jamais venue à l’esprit.

En 2004, les hasards de la vie m’ont amenée à effectuer une formation de peintre en décor à la Chambre des Métiers du Finistère. J’ai pu ainsi acquérir des techniques qui m’étaient jusqu’alors inconnues. J’ai découvert la peinture avec un autre regard, celui de l’enfant qui apprend, qui découvre. Mais j’ai su aussi que les contraintes des sujets imposés n’étaient pas vraiment faites pour moi ; je voulais «enfin» pouvoir peindre mes créations laissant libre cours à mon imagination…

Puis une étape douloureuse et décisive dans ma vie m’a conduite à me poser la question de la place que l’être humain pouvait occuper sur l’échelle du temps… Que reste-t-il de nous sur Terre au-delà de la mort ? Et là … la rouille s’est imposée à moi, intemporelle, palpable, chaude et belle ! Ce lien désuet aux yeux du plus grand nombre et contre lequel on lutte sans merci, comme pour exorciser le temps qui passe ! C’était la réponse à ma question, ce «vécu» qui était nécessaire pour me rassurer sur mon propre devenir et me consoler à son contact. J’ai tenté, sans doute avec maladresse et outrance, de la valoriser en la rendant joyeuse et lumineuse. Mes toiles s’en imprégnaient, s’en incrustaient avec des couleurs explosant le regard et toute la puissance de mon énergie afin de faire vivre cet accord entre passé, présent et avenir.

Fin 2012, la rencontre extraordinaire avec le peintre Dominique Haab-Camon va m’aider à canaliser cette énergie débordante dans mes toiles. Il m’a expliqué que pour exprimer quelque chose de puissant, il était nécessaire de créer des zones de repos dans mon travail et que je ne devais pas essayer de tout raconter dans un seul tableau.

Il m’a appris que «crier» mes toiles n’était pas la meilleure solution pour m’exprimer et me faire entendre mais qu’il était indispensable pour vraiment les «faire parler» de présenter les objets ou sujets me tenant à cœur de telle manière que l’on puisse circuler dans la toile autour de l’élément directeur, en le sublimant par la suggestion tout en gardant, bien sur, mon écriture.

La rouille est donc, plus que jamais, présente dans mon travail mais d’une façon plus subtile, en amenant le regard à se poser sur elle en toute sérénité. C’est un travail de longue haleine, un exercice de chaque jour, où je m’aventure de découvertes en découvertes…

Merci à Dominique ainsi qu’à tous ceux qui me suivent et m’aident à évoluer vers cette quête picturale …

Marie La Rouille